Commele jour dans les cieux met sa flamme, Toi, mon enfant, dans l’azur de tes yeux. Mets ton Ăąme ! Nul n’est heureux et nul n’est triomphant. L’heure est pour tous une chose incomplĂšte ; L’heure est une ombre, et notre vie, enfant, En est faite. Oui, de leur sort tous les hommes sont las. Pour ĂȘtre heureux, Ă  tous, — destin Écritau bas d'un Crucifix. Vous qui pleurez, venez Ă  ce Dieu, car il pleure. Vous qui souffrez, venez Ă  lui, car il guĂ©rit. Vous qui tremblez, venez Ă  lui, car il sourit. Vous qui passez, venez Ă  lui, car il demeure. Mars 1842. Victor Hugo, Les Contemplations. Le Burg Ă  la Croix - dessin de Victor Hugo. ZOLA NANA, RESUMÉ et ANALYSES. Nana, d’Émile Zola. Avec « Les Rougon-Macquart », Zola a voulu, tout en s’inspirant - et en se dĂ©marquant - de « La ComĂ©die Humaine » de Balzac, retracer « l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le Second Empire ». Ainsi, le cycle relatant l’évolution de cinq gĂ©nĂ©rations de Onparle des liens du mariage ! Mais les liens du divorce sont encore plus indissolubles ! Mais les liens du divorce sont encore plus indissolubles ! Citation de Alfred Capus ( 1922 Ă  65 ans) dans Les Maris de LĂ©ontine ~ Plus ~ Mari ~ Parler ~ Parlement Eneffet, cette sonoritĂ© dure qui n’est pas trĂšs agrĂ©able Ă  entendre en permanence Ă©voque la teneur insupportable de la morositĂ© que Victor Hugo vit. On remarque un champ lexical dĂ©prĂ©ciatif comme le prouvent les termes « inĂ©gal » (V2), « disparaĂźt » (V3), « seul » (V4), « dĂ©cline » (V5), « rouillĂ© » (V6). Ce champ lexical indique que Victor Hugo ne supporte plus Vay Tiền TráșŁ GĂłp Theo ThĂĄng Chỉ Cáș§n Cmnd. Victor Hugo PrĂ©sente-t-on Victor Hugo ? À l'Ă©vidence, aprĂšs treize piĂšces de théùtre, neuf romans, vingt recueils de poĂ©sie et 83 ans d'existence, dont 65 annĂ©es d'Ă©criture, l'homme qui a mis un ... [+] On vit, on parle, on a le ciel et les nuages Sur la tĂȘte ; on se plaĂźt aux livres des vieux sages ; On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement En voiture publique Ă  quelque endroit charmant, En riant aux Ă©clats de l'auberge et du gĂźte ; Le regard d'une femme en passant vous agite ; On aime, on est aimĂ©, bonheur qui manque aux rois ! On Ă©coute le chant des oiseaux dans les bois Le matin, on s'Ă©veille, et toute une famille Vous embrasse, une mĂšre, une soeur, une fille ! On dĂ©jeune en lisant son journal. Tout le jour On mĂȘle Ă  sa pensĂ©e espoir, travail, amour ; La vie arrive avec ses passions troublĂ©es ; On jette sa parole aux sombres assemblĂ©es ; Devant le but qu'on veut et le sort qui vous prend, On se sent faible et fort, on est petit et grand ; On est flot dans la foule, Ăąme dans la tempĂȘte ; Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fĂȘte ; On arrive, on recule, on lutte avec effort... – Puis, le vaste et profond silence de la mort ! Cette biographie vous propose des poĂšmes, des citations et proverbes de Victor Hugo et quelques lettres d'amour. 1. A Jeanne Recueil Les chansons des rues et des bois. Ces lieux sont purs ; tu les complĂštes. Ce bois, loin des sentiers battus, Semble avoir fait des violettes, Jeanne, avec toutes tes vertus. L'aurore ressemble Ă  ton Ăąge ; Jeanne, il existe sous les cieux On ne sait quel doux voisinage Des bons coeurs avec les beaux lieux. Tout ce vallon est une fĂȘte Qui t'offre son humble bonheur ; C'est un nimbe autour de ta tĂȘte ; C'est un Ă©den en ton honneur. Tout ce qui t'approche dĂ©sire Se faire regarder par toi, Sachant que ta chanson, ton rire, Et ton front, sont de bonne foi. Ô Jeanne, ta douceur est telle Qu'en errant dans ces bois bĂ©nis, Elle fait dresser devant elle Les petites tĂȘtes des nids. 2. A une jeune fille Recueil Odes et ballades. Vous qui ne savez pas combien l'enfance est belle, Enfant ! n'enviez point notre Ăąge de douleurs, OĂč le coeur tour Ă  tour est esclave et rebelle, OĂč le rire est souvent plus triste que vos pleurs. Votre Ăąge insouciant est si doux qu'on l'oublie ! Il passe, comme un souffle au vaste champ des airs, Comme une voix joyeuse en fuyant affaiblie, Comme un alcyon sur les mers. Oh ! ne vous hĂątez point de mĂ»rir vos pensĂ©es ! Jouissez du matin, jouissez du printemps ; Vos heures sont des fleurs l'une Ă  l'autre enlacĂ©es ; Ne les effeuillez pas plus vite que le temps. Laissez venir les ans ! Le destin vous dĂ©voue, Comme nous, aux regrets, Ă  la fausse amitiĂ©, A ces maux sans espoir que l'orgueil dĂ©savoue, A ces plaisirs qui font pitiĂ©. Riez pourtant ! du sort ignorez la puissance Riez ! n'attristez pas votre front gracieux, Votre oeil d'azur, miroir de paix et d'innocence, Qui rĂ©vĂšle votre Ăąme et rĂ©flĂ©chit les cieux ! 3. Oh ! quand je dors... Recueil Les rayons et les ombres. Oh ! quand je dors, viens auprĂšs de ma couche, Comme Ă  PĂ©trarque apparaissait Laura, Et qu'en passant ton haleine me touche... - Soudain ma bouche S'entr'ouvrira ! Sur mon front morne oĂč peut-ĂȘtre s'achĂšve Un songe noir qui trop longtemps dura, Que ton regard comme un astre se lĂšve... - Soudain mon rĂȘve Rayonnera ! Puis sur ma lĂšvre oĂč voltige une flamme, Eclair d'amour que Dieu mĂȘme Ă©pura, Pose un baiser, et d'ange deviens femme... - Soudain mon Ăąme S'Ă©veillera ! 4. On vit, on parle... Recueil Les rayons et les ombres. On vit, on parle, on a le ciel et les nuages Sur la tĂȘte ; on se plaĂźt aux livres des vieux sages ; On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement En voiture publique Ă  quelque endroit charmant, En riant aux Ă©clats de l'auberge et du gĂźte ; Le regard d'une femme en passant vous agite ; On aime, on est aimĂ©, bonheur qui manque aux rois ! On Ă©coute le chant des oiseaux dans les bois Le matin, on s'Ă©veille, et toute une famille Vous embrasse, une mĂšre, une soeur, une fille ! On dĂ©jeune en lisant son journal. Tout le jour On mĂȘle Ă  sa pensĂ©e espoir, travail, amour ; La vie arrive avec ses passions troublĂ©es ; On jette sa parole aux sombres assemblĂ©es ; Devant le but qu'on veut et le sort qui vous prend, On se sent faible et fort, on est petit et grand ; On est flot dans la foule, Ăąme dans la tempĂȘte ; Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fĂȘte ; On arrive, on recule, on lutte avec effort... - Puis, le vaste et profond silence de la mort ! 5. Jeanne endormie Recueil L'art d'ĂȘtre grand-pĂšre. L'oiseau chante ; je suis au fond des rĂȘveries. Rose, elle est lĂ  qui dort sous les branches fleuries, Dans son berceau tremblant comme un nid d'alcyon, Douce, les yeux fermĂ©s, sans faire attention Au glissement de l'ombre et du soleil sur elle. Elle est toute petite, elle est surnaturelle. Ô suprĂȘme beautĂ© de l'enfant innocent ! Moi je pense, elle rĂȘve ; et sur son front descend Un entrelacement de visions sereines ; Des femmes de l'azur qu'on prendrait pour des reines, Des anges, des lions ayant des airs benins, De pauvres bons gĂ©ants protĂ©gĂ©s par des nains, Des triomphes de fleurs dans les bois, des trophĂ©es D'arbres cĂ©lestes, pleins de la lueur des fĂ©es, Un nuage oĂč l'Ă©den apparaĂźt Ă  demi, VoilĂ  ce qui s'abat sur l'enfant endormi. Le berceau des enfants est le palais des songes ; Dieu se met Ă  leur faire un tas de doux mensonges ; De lĂ  leur frais sourire et leur profonde paix. Plus d'un dira plus tard Bon Dieu, tu me trompais. Mais le bon Dieu rĂ©pond dans la profondeur sombre - Non. Ton rĂȘve est le ciel. Je t'en ai donnĂ© l'ombre. Mais ce ciel, tu l'auras. Attends l'autre berceau ; La tombe. Ainsi je songe. Ô printemps ! Chante, oiseau ! 6. Le sacre de la femme - Ève Recueil La lĂ©gende des siĂšcles. Ève offrait au ciel bleu la sainte nuditĂ© ; Ève blonde admirait l'aube, sa soeur vermeille. Chair de la femme ! argile idĂ©ale ! ĂŽ merveille ! PĂ©nĂ©tration sublime de l'esprit Dans le limon que l'Être ineffable pĂ©trit ! MatiĂšre oĂč l'Ăąme brille Ă  travers son suaire ! Boue oĂč l'on voit les doigts du divin statuaire ! Fange auguste appelant le baiser et le coeur, Si sainte, qu'on ne sait, tant l'amour est vainqueur, Tant l'Ăąme est vers ce lit mystĂ©rieux poussĂ©e, Si cette voluptĂ© n'est pas une pensĂ©e, Et qu'on ne peut, Ă  l'heure oĂč les sens sont en feu, Étreindre la beautĂ© sans croire embrasser Dieu ! Ève laissait errer ses yeux sur la nature. Et, sous les verts palmiers Ă  la haute stature, Autour d'Ève, au-dessus de sa tĂȘte, l'oeillet Semblait songer, le bleu lotus se recueillait, Le frais myosotis se souvenait ; les roses Cherchaient ses pieds avec leurs lĂšvres demi-closes ; Un souffle fraternel sortait du lys vermeil ; Comme si ce doux ĂȘtre eĂ»t Ă©tĂ© leur pareil, Comme si de ces fleurs, ayant toutes une Ăąme, La plus belle s'Ă©tait Ă©panouie en dĂ©couvrir aussi PoĂšmes et poĂ©sie sur la nature 7. Tu me vois bon charmant et doux Recueil OcĂ©an vers. Tu me vois bon, charmant et doux, ĂŽ ma beautĂ© ; Mes dĂ©fauts ne sont pas tournĂ©s de ton cĂŽtĂ© ; C'est tout simple. L'amour, Ă©tant de la lumiĂšre, Change en temple la grotte, en palais la chaumiĂšre, La ronce en laurier-rose et l'homme en demi-dieu. Tel que je suis, rĂȘvant beaucoup et valant peu, Je ne te dĂ©plais pas assez pour que ta bouche Me refuse un baiser, ĂŽ ma belle farouche, Et cela me suffit sous le ciel Ă©toilĂ©. Comme PĂ©trarque Laure et comme Horace ÉglĂ©, Je t'aime. Sans l'amour l'homme n'existe guĂšre. Ah ! j'oublie Ă  tes pieds la patrie et la guerre Et je ne suis plus rien qu'un songeur Ă©perdu. 8. Quand deux cƓurs en s'aimant ont doucement vieilli Recueil Toute la lyre. Quand deux coeurs en s'aimant ont doucement vieilli Oh ! quel bonheur profond, intime, recueilli ! Amour ! hymen d'en haut ! ĂŽ pur lien des Ăąmes ! Il garde ses rayons mĂȘme en perdant ses flammes. Ces deux coeurs qu'il a pris jadis n'en font plus qu'un. Il fait, des souvenirs de leur passĂ© commun, L'impossibilitĂ© de vivre l'un sans l'autre. - ChĂ©rie, n'est-ce pas ? cette vie est la nĂŽtre ! Il a la paix du soir avec l'Ă©clat du jour, Et devient l'amitiĂ© tout en restant l'amour ! LumiĂšre sur
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Les Contemplations 1856de Victor HugođŸ‘€ Victor Hugo
 NĂ© Ă  Besançon en 1802, Victor Hugo est trĂšs vite apparu comme le chef de l’école romantique. Élu Ă  l’AcadĂ©mie française en 1841, il est membre de l’AssemblĂ©e lĂ©gislative en 1849 et dĂ©putĂ© de Paris en 1871. Quand Victor Hugo meurt, Ă  83 ans, il a droit Ă  des funĂ©railles nationales et une immense foule l’accompagne. Il laisse une Ɠuvre inĂ©galĂ©e
 → À lire Biographie de Victor Hugo. đŸŽČ Exercice Connaissez-vous Victor Hugo ?Dans le livre des ChĂątiments, Victor Hugo regarde le monde extĂ©rieur ; dans le livre des Contemplations, il tient ses yeux et son esprit attachĂ©s sur lui-mĂȘme. Quelques jours, quelques mois, au plus, d’inspiration fougueuse avaient produit les ChĂątiments ; les Contemplations rĂ©flĂ©chissent l’aspect et traduisent les joies ou les douleurs de vingt-cinq annĂ©es », autant dire de toute une existence. Ce sont lĂ , pour employer l’expression mĂȘme de Hugo, les MĂ©moires d’une Ăąme ». Toute la destinĂ©e humaine est dans ce livre Il s’ouvre par la contemplation de l’ avant-printemps de la vie est bien vite passĂ©. L’ñme s’épanouit, comme la flore au mois de mai. C’est le temps oĂč les oiseaux chantent. Qu’exprime leur chant ? Les strophes invisibles » qui s’exhalent des cƓurs amoureux. Et ce que disent les oiseaux, tout le rĂ©pĂšte Ă  l’envi la caresse du vent, le rayonnement de l’étoile, la fumĂ©e du vieux toit, le parfum des meules de foin, l’odeur des fraises mĂ»res, la fraĂźcheur du ruisseau normand troublĂ© de sels marins », la palpitation d’ailes du martinet sous un portail de cathĂ©drale, l’ombre Ă©paisse des ifs, le frisson de l’étang, et l’ondulation des herbes, qui semble, le tressaillement des enchantements Ă©phĂ©mĂšres de la passion succĂšdent les efforts virils, et le combat, non sans angoisse, du devoir. Quel est le devoir du poĂšte ? S’isoler dans l’art, et vivre pour le culte d’un idĂ©al sans utilitĂ©, ou au contraire mettre le beau au service du vrai, et chercher le vrai dans le progrĂšs de tous les hommes ? Hugo avait dĂ©jĂ  Ă©crit ailleurs que le poĂšte a charge d’ñmes ». On peut donc s’attendre Ă  le trouver ici, comme ailleurs, prĂ©occupĂ© d’agir jusque dans le rĂȘve, et soucieux d’ĂȘtre utile, grossiĂšrement utile », comme il dit, mĂȘme sur les hauteurs de la spĂ©culation. N’est-ce pas lui qui condamne en ces termes les partisans de l’art pour l’art L’amphore qui refuse d’aller Ă  la fontaine mĂ©rite la huĂ©e des cruches ? » Il est poĂšte, mais il est homme, et sa premiĂšre manifestation de poĂšte a Ă©tĂ© une protestation contre la tendance qui faisait de l’Ɠuvre poĂ©tique une affaire de caste, qui donnait au lettrĂ© français des prĂ©tentions de mandarin » ; il a proclamĂ© la RĂ©volution des mots Tous les mots Ă  prĂ©sent planent dans la clartĂ©. Les Ă©crivains ont mis la langue en libertĂ©. Et, grĂące Ă  ces bandits, grĂące Ă  ces terroristes, Le vrai, chassant l’essaim des pĂ©dagogues tristes, L’imagination, tapageuse aux cent voix, Qui casse des carreaux dans l’esprit des bourgeois ; La poĂ©sie au front triple, qui rit, soupire Et chante ; raille et croit ; que Plaute et que Shakespeare Semaient, l’un sur la plebs, et l’autre sur le mob ; Qui verse aux nations la sagesse de Job Et la raison d’Horace Ă  travers sa dĂ©mence ; Qu’enivre de l’azur la frĂ©nĂ©sie immense, Et qui, folle sacrĂ©e aux regards Ă©clatants, Monte Ă  l’éternitĂ© par les degrĂ©s du temps, La muse reparaĂźt, nous reprend, nous ramĂšne, Se remet Ă  pleurer sur la misĂšre humaine, Frappe et console, va du zĂ©nith au nadir, Et fait sur tous les fronts reluire et resplendir Son vol, tourbillon, lyre, ouragan d’étincelles, Et ses millions d’yeux sur ses millions d’ janvier 1834. Les Contemplations, Livre premier VIICe n’est pas seulement l’intĂ©rĂȘt de son art qui passionne cet esprit viril ; il contemple avec Ă©motion, et dĂ©crit d’une plume tragique, avec d’inoubliables traits, les misĂšres de tous les il a sa large part de misĂšre et de deuil. Sa fille meurt. Le poĂšte, qui s’était longtemps attardĂ© Ă  contempler le ciel, et Ă  rĂȘver, comme le pĂątre, Ă  la lumiĂšre de l’étoile, se tourne dĂ©sormais vers la terre, et s’acharne, pour ainsi parler, Ă  pĂ©nĂ©trer le secret du tombeau. Il y va chercher ce qu’il a perdu ; il ne n’y trouve refuse de croire que tout l’ĂȘtre humain tienne, comme disait Bossuet, dans le dĂ©bris inĂ©vitable ». Il veut savoir oĂč le souffle qui animait l’organisme dĂ©truit, s’est retirĂ© ; il s’élance Ă  travers les rĂ©gions du ciel, Ă  la poursuite de cette en arrive Ă  concevoir ce qu’on nomme la mort comme un Ă©veil Ă  la vraie vie Ne dites pas mourir ; dites naĂźtre. Croyez. On voit ce que je vois et ce que vous voyez ; On est l’homme mauvais que je suis, que vous ĂȘtes ; On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fĂȘtes ; On tĂąche d’oublier le bas, la fin, l’écueil, La sombre Ă©galitĂ© du mal et du cercueil ; Quoique le plus petit vaille le plus prospĂšre ; Car tous les hommes sont les fils du mĂȘme pĂšre ; Ils sont la mĂȘme larme et sortent du mĂȘme Ɠil. On vit, usant ses jours Ă  se remplir d’orgueil ; On marche, on court, on rĂȘve, on souffre, on penche, on tombe, On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe. OĂč suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu, Impur, hideux, nouĂ© des mille nƓuds funĂšbres De ses torts, de ses maux honteux, de ses tĂ©nĂšbres ; Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est bĂ©ni, Sans voir la main d’oĂč tombe Ă  notre Ăąme mĂ©chante L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante. On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant, Tout notre ĂȘtre frĂ©mit de la dĂ©faite Ă©trange Du monstre qui devient dans la lumiĂšre un novembre 1854. Les Contemplations, Livre premier V Si forte que soit l’expression de cette espĂ©rance, si passionnĂ© que soit l’acte de foi en l’immortalitĂ© qui remplit toute la derniĂšre partie des Contemplations, ce qui nous touche le plus, dans le livre, c’est encore l’expression de la douleur paternelle, et cette admirable lamentation funĂšbre, tour Ă  tour aiguĂ« ou apaisĂ©e, dont rien n’égale par moments la simplicitĂ© pĂ©nĂ©trante MĂšre, voilĂ  douze ans que notre fille est morte ; Et depuis, moi le pĂšre et vous la femme forte, Nous n’avons pas Ă©tĂ©, Dieu le sait, un seul jour Sans parfumer son nom de priĂšre et d’amour. Nous avons pris la sombre et charmante habitude De voir son ombre vivre en notre solitude, De la sentir passer et de l’entendre errer, Et nous sommes restĂ©s Ă  genoux Ă  pleurer. Nous avons persistĂ© dans cette douleur douce, Et nous vivons penchĂ©s sur ce cher nid de mousse EmportĂ© dans l’orage avec les deux oiseaux. MĂšre, nous n’avons pas pliĂ©, quoique roseaux, Ni perdu la bontĂ© vis-Ă -vis l’un de l’autre, Ni demandĂ© la fin de mon deuil et du vĂŽtre A cette lĂąchetĂ© qu’on appelle l’oubli. Oui, depuis ce jour triste oĂč pour nous ont pĂąli Les cieux, les champs, les fleurs, l’étoile, l’aube pure, Et toutes les splendeurs de la sombre nature, Avec les trois enfants qui nous restent, trĂ©sor De courage et d’amour que Dieu nous laisse encor, Nous avons essuyĂ© des fortunes diverses, Ce qu’on nomme malheur, adversitĂ©, traverses, Sans trembler, sans flĂ©chir, sans haĂŻr les Ă©cueils, Donnant aux deuils du cƓur, Ă  l’absence, aux cercueils, Aux souffrances dont saigne ou l’ñme ou la famille, Aux ĂȘtres chers enfuis ou morts, Ă  notre fille, Aux vieux parents repris par un monde meilleur, Nos pleurs, et le sourire Ă  toute autre douleur. Marine-Terrace, aoĂ»t 1855. Les Contemplations, Livre premier VEn rĂ©sumĂ© Vingt-cinq ans de vie intĂ©rieure MĂ©moires d’une Ăąme » ; mais tendance Ă  la gĂ©nĂ©ralitĂ© Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous ». Trois livres sur Autrefois » Aurore », l’Âme en Fleur », Les Lettres et les RĂȘves » ; trois livres sur le prĂ©sent Pauca meae », En marche », Au bord de l’infini ». Les premiers livres rappellent Feuilles d’Automne » ou Voix intĂ©rieures ». Profondeur de l’émotion dans Pauca meae », livre consacrĂ© Ă  la mort de LĂ©opoldine À Villequier ». Le dernier livre est tout philosophique ; hantise de la mort, mĂ©ditations devant l’ocĂ©an en furie ; consultations de tables tournantes, souvenirs de Zoroastre, de Pythagore conduisent Hugo Ă  une conception personnelle de la mĂ©tempsychose ascension ou descente des ĂȘtres, dans la crĂ©ation, selon le mĂ©rite.✏ Testez vos connaissances ! ✏ Êtes-vous au point sur Victor Hugo ? Pour le savoir, testez vos connaissances en complĂ©tant ce questionnaire.đŸ“œ 20 citations choisies de Victor HugoArticles connexes LumiĂšre sur
 Hernani 1830. Notre-Dame de Paris 1831. Extrait de la prĂ©face de Cromwell 1827. Biographie de Victor Hugo. La France pendant le XIXe siĂšcle. Auteurs du XIXe siĂšcle. Genre littĂ©raire La poĂ©sie. La poĂ©sie repĂšres historiques. Le genre poĂ©tique. La versification française. Les de livresRecherche sur le site On vit, on parle, on a le ciel et les nuages Sur la tĂȘte ; on se plaĂźt aux livres des vieux sages ; On lit Virgile et Dante ; on va joyeusement En voiture publique Ă  quelque endroit charmant, En riant aux Ă©clats de l’auberge et du gĂźte ; Le regard d’une femme en passant vous agite ; On aime, on est aimĂ©, bonheur qui manque aux rois ! On Ă©coute le chant des oiseaux dans les bois Le matin, on s’éveille, et toute une famille Vous embrasse, une mĂšre, une soeur, une fille ! On dĂ©jeune en lisant son journal. Tout le jour On mĂȘle Ă  sa pensĂ©e espoir, travail, amour ; La vie arrive avec ses passions troublĂ©es ; On jette sa parole aux sombres assemblĂ©es ; Devant le but qu’on veut et le sort qui vous prend, On se sent faible et fort, on est petit et grand ; On est flot dans la foule, Ăąme dans la tempĂȘte ; Tout vient et passe ; on est en deuil, on est en fĂȘte ; On arrive, on recule, on lutte avec effort
 Puis, le vaste et profond silence de la mort ! Voter pour ce poĂšme! InayaPlume d'Eau Nombre de messages 50031Age 61Date d'inscription 05/11/2010Sujet Victor HUGO 1802-1885 On vit, on parle, on a le ciel et les nuages Sam 17 Sep - 010 On vit, on parle, on a le ciel et les nuages Sur la tĂȘte; on se plaĂźt aux livres des vieux sages; On lit Virgile et Dante; on va joyeusement En voiture publique Ă  quelque endroit charmant, En riant aux Ă©clats de l'auberge et du gĂźte; Le regard d'une femme en passant vous agite; On aime, on est aimĂ©, bonheur qui manque aux rois! On Ă©coute le chant des oiseaux dans les bois Le matin, on s'Ă©veille, et toute une famille Vous embrasse, une mĂšre, une soeur, une fille! On dĂ©jeune en lisant son journal. Tout le jour On mĂȘle Ă  sa pensĂ©e espoir, travail, amour; La vie arrive avec ses passions troublĂ©es; On jette sa parole aux sombres assemblĂ©es; Devant le but qu'on veut et le sort qui vous prend, On se sent faible et fort, on est petit et grand; On est flot dans la foule, Ăąme dans la tempĂȘte; Tout vient et passe; on est en deuil, on est en fĂȘte; On arrive, on recule, on lutte avec effort... Puis, le vaste et profond silence de la mort! 11 juillet 1846, en revenant du cimetiĂšre.

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